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La violence est le langage de la peur, du désarroi, de l'impuissance, non de la puissance comme on le croit trop souvent.

Jacques Salomé

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MARCHE A LA JOURNEE - MA ELSAU

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Marche du samedi 17 mars 2012 - MA Elsau
MARCHE EN FORET - VISITE DE L'EXPOSITION DE CLAUDE BRAUN

SORTIE du samedi 17 mars avec 3 marcheurs de l'Elsau à Strasbourg.

Accompagnés de 4 accompagnateurs : Marie-Claude, Nicole, René et Blandine.

Nous partons avec 2 véhicules dans la forêt de Pourtalès à la Robertsau à Strasbourg.

Arrivée vers 9 heures au parking.

M. et O. ont marché avec DECLIC il y a 2 mois et sont très à l'aise, ils se préparent avec entrain; A. découvre l'association et ses accompagnateurs.

Le programme est présenté : marche en forêt de 9 à 14 heures puis visite de l'exposition de Claude Braun au centre d'initiation à la nature et à l'environnement de Bussière. (www.sinestrasbourg.org)

Retour pour 17 h

MC a dit en fin de journée : « Comme c'était détendu, jovial et poli ! »

C'est la deuxième marche d'O. et il nous parle de sa difficulté de vivre, en attente de papier en règle. Il peut en parler cette fois ci : « Après ma sortie de l'Elsau l'an passé, j'y suis retourné 4 jours après, c'est ma maison ! Je passe d'un foyer à l'autre d'habitude, une semaine là, une autre ailleurs, deux là bas. J'ai pas de chez moi, et je ne veux pas demander trop souvent à mon oncle de m'aider, déjà qu'il dit à ma mère que je vais bien ; elle est malade en Algérie, si elle savait que je suis en prison ...... Dans cette société, c'est pas facile, je meurs de faim, je suis SDF, j'attends mes papiers... » Et ça ira mieux ensuite ? « Je ne sais pas, c'est juste plus riche ici en France, et il y a la politique et il y a des aides, pas en Algérie. »

A. répond à ça : « La solution c'est le travail même si c'est dur parce qu'au début quand t'as un poste, c'est le plus terrible, ils te testent et voient si tu vas tenir et au bout d'un mois ils te gardent parce que tu as résisté : j'ai tenu trois semaines un marteau piqueur 8 heures par jour, et ensuite j'ai pu travailler à l'intérieur du bâtiment ».

A. dit : « J'ai perdu les pédales, c'est pas la première fois, je vais pouvoir aller chez mes parents, ils ont une chambre pour moi et je vais m'inscrire dans une agence d'intérims. La vie est difficile. »

M. s'ouvre aujourd'hui, c'est sa deuxième marche : « J'ai dit la vérité à mon fils, « Papa a fait des bêtises, il est puni. » Mais je ne lui parle pas de prison. ».

Pendant la marche, les mots et les émotions se bousculent. Nous écoutons chacun.

« Aujourd'hui, c'est facile, je marche bien, j'ai pas mal, il fait tellement beau ici. ».

O. a hésité ce matin à venir avec nous, son codétenu l'a poussé à sortir. « Ca va te faire du bien ! »

« Oui je suis content d'être là avec vous, merci beaucoup. »

Et dans la découverte du centre d'initiation à la nature : « Regarde, c'est mon hôtel. ».

Le jeune animateur présentait les hôtels à insectes dans le jardin, les auxiliaires, ceux qui nous aident dans les cultures.

Et O. s'étonne de l'existence du compost, celui avec les aliments et l'autre le végétal. L'engrais naturel c'est donc ça.

L'animateur à ma question « Pourquoi choisir cette voie ? » nous explique ses choix d'études et son engagement vers la nature.

Et l'expo de Claude Braun ?

L'artiste nous présente son travail fait de récupérations, nature et autres, autour de lui, atelier et jardin. Il explique son souci de vouloir laisser aux jeunes une planète plus propre. Et nous raconte une histoire de son enfance où il a échappé à la mort lorsque 2 de ses amis ont sauté sur une mine. Une œuvre y fait référence : Emotions de tous !

Attention particulière à ce qui est dit par Claude.

M. aime beaucoup les dessins au stylo, des objets imaginaires avec beaucoup de volume.

Nous prenons le goûter dehors dans la cour en compagnie de l'artiste et de l'animateur.

O. remercie encore pour ces moments riches, il sait faire ; et il raconte encore à tous : « J'étais assis dans le tram avec une fille, on échangeait les numéros de téléphone et j'entends « Bonjour Monsieur, ticket s'il vous plait. » Et là, la honte, j'en avais pas, j'suis pas fier. Ca, c'est ma vie alors merci pour tout ça ici avec vous. ».

Et puis en douce en revenant vers le parking, il dit « Je peux bien essayer de trouver du taf, faut juste que j'ai ces p de papiers ! »

M. est tendu au retour à 16h45 à la porte de la maison d'arrêt.

Il tourne sa pomme dans les mains : « J'étais bien aujourd'hui, plus détendu que la dernière fois, j'ai pas mal aux jambes. »

« C'est trop long le week end, y'a rien qui se passe alors avec vous, ça change. »

« On peut réfléchir à la vie. »

Et O. et M. nous demandent de revenir dans 2 mois pour la prochaine marche qui se déroulera dans les Vosges.



 
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