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S'il faut parfois se faire violence pour aimer la vie, cela ne signifie pas qu'il faille aimer la vie avec violence.

Erik Pigani

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Marche Déclic 2008
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DNA DU DIMANCHE 17 AOUT 2008
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Insertion / 700 km à pied pour neuf détenus
Marche sur les chemins de la liberté
 
Neuf ex-détenus et leurs huit accompagnateurs de l'association alsacienne Declic ont quitté Oermingen jeudi matin. Direction Verdun, d'où ils partiront pour trente jours de marche en guise d'insertion. Ces neuf jeunes en fin de peine ne retourneront pas en prison.
9 h 45, jeudi, neuf jeunes hommes sortent du centre de détention d'Oermingen sous les huées de leurs ex-codétenus. Agés de 21 à 31 ans, ces neuf-là ne retourneront pas en prison. Ils sont en situation de fin de peine et bénéficient d'un régime de placement extérieur. Ils sont confiés aux soins de l'association alsacienne Declic (Demain, ensemble sur les chemins de la liberté et de l'insertion et de la citoyenneté). Huit bénévoles se relaieront pendant trente jours pour les accompagner au long ...

 

Chloé Fabre

 
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MCSinfo Université Robert Schuman - Strasbourg

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Cet été, l’association Déclilc, suivant une expérience menée à Besançon (photo), accompagnera une dizaine de détenus pour une randonnée

 

Moment d’évasion avant libérations

 

Le 14 août, dix détenus en fin de peine et seize accompagnateurs de l’association Declic partiront du centre de détention d’Oermingen pour 700 km de marche dans les Vosges.

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Albert a 68 ans. Ingénieur électricien à la retraite, il a participé à trois marches en tant qu’accompagnateur de détenus en fin de peine. Un projet porté en Franche-Comté par l’association CIC (Chemin, insertion, citoyenneté). Xavier Frapard, lui, n’a pas participé aux précédentes marches. C’est Albert qui lui a donné l’envie de créer à Strasbourg l’association Declic (Demain ensemble sur les chemins de la liberté, de l’insertion et de la citoyenneté), il en est même le président.
Du 14 août au 12 septembre, Declic emmènera une dizaine de détenus pour une marche de trente jours à travers les Vosges. Près de 700 km entre Verdun et Strasbourg. Xavier et Albert seront les deux seuls accompagnateurs à marcher tout le long. Quatorze autres membres de l’association se relaieront de sorte que huit accompagnateurs se trouvent en permanence aux côtés des détenus marcheurs. « L’objectif de ce projet, c’est l’insertion. Le moyen, c’est la marche », explique le président.
 
Renouer le dialogue
Pour le moment, le calendrier dépend encore de l’administration pénitentiaire. Elle doit sélectionner dix détenus marcheurs parmi les vingt-huit dossiers de candidature. Puis le juge d’application des peines de Saverne, avec l’accord du procureur, qualifiera les détenus pour une libération conditionnelle. « Aucun des marcheurs ne doit retourner en prison le 12 septembre au soir. C’est notre condition sine qua non », affirme Xavier Frapard.
Une fois la décision prise, les détenus seront réunis au centre de détention d’Oermingen pour suivre un entraînement physique. Accompagnateurs et marcheurs devraient se retrouver pendant deux jours fin juin pour se préparer.
Alain Hahn, juge d’application des peines à Colmar est aussi membre, à titre personnel, de l’association. Il porte un regard doublement intéressé sur cette démarche : « La justice est à l’affût d’initiatives de non-professionnels, car elle a beaucoup de mal à monter des projets de réinsertion. »
Pendant la marche, le programme est chargé : lever à 6h, étapes de 25 km en moyenne. Le soir, des temps de parole et des ateliers. Les discussions sont l’occasion de faire le point sur la journée. « C’est le moment de dire les choses quand ça ne va pas », explique Philippe, 45 ans, prêtre à Hoenheim. Pendant les ateliers, chaque accompagnateur met à contribution ses connaissances. Anne et Marie-Rose, deux professeures en retraite, proposeront des ateliers d’écriture. Les détenus pourront également participer à des ateliers photo, dessin, cuisine, etc.
Le président de l’association raconte : « Lors de la présentation du projet en prison, un des gars nous a dit : « Ce sera bien la première fois que j’aurai l’occasion de discuter . » Un autre enchaîne: Quand je suis dans ma cellule je ne pense pas, je m’étourdis. On ne discute pas ici ».
 
Former un esprit de groupe
Venus au projet par la marche ou par le travail d’insertion, les seize accompagnateurs ont connu des parcours très variés. Certains ont déjà travaillé auprès de détenus et veulent faire partager leur expérience du milieu carcéral. Alexis, 25 ans, et Vanessa, 23 ans sont tous deux responsables du Génepi de Nancy (Groupement étudiant national d’enseignement aux personnes incarcérées). La jeune femme s’inquiète : « Les accompagnateurs connaissent très mal ce public. Il y a beaucoup d’angélisme chez eux. » Philippe, dans le cadre de plusieurs associations, a aidé des femmes battues, des prostituées et des malades du sida. Il sait par expérience que les réactions imprévisibles des accompagnateurs sont plus à craindre que celles des marcheurs. Marie-Rose, 56 ans, assure que le gros du travail est de parvenir à former un groupe soudé.
 
Confiance et appréhension
Maurice était accompagnateur en 2005. Il s’interroge encore sur le degré d’autorité à adopter vis-à-vis des marcheurs : « Comment réagir quand un gars jette des détritus par terre ou garde sa casquette à table ? »
Malgré les appréhensions des accompagnateurs, Marcelle Thil, chef du Spip (Service pénitenciaire d’insertion et de probation) de la maison d’arrêt de Strasbourg, est confiante sur les aptitudes de l'équipe et leur donne un conseil : « On compte sur vous pour ne pas être ce que nous sommes au sein de la prison. Restez vous-mêmes, soyez des citoyens. » Les services du Spip accompagnent les préparatifs de Declic. Après la marche, ils aideront les détenus en liberté conditionnelle à trouver un logement et un emploi.
 
Chloé Fabre - Annaëlle Penche
 


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