Quel réveil ! Comme d'habitude Xavier nous a réveillés à 6h30 avec un air de musique plutôt bien, le soleil était au rendez-vous ça fait du bien . Nous sommes partis sur le chemin de notre prochain gîte en espérant qu'il n'est pas trop loin, heureusement que mes jambes ne me laissent pas tomber. C'est le 22éme jour de cette marche coriace pour notre physique et notre mental mais quelque chose d'inexplicable nous aide à continuer sans rien lâcher.
J F
Aujourd'hui, nous commencions une nouvelle étape qui s'annonçait de bon augure sous un beau soleil avec un ciel bleu. Comme la plupart de nos départs, nous partons en file indienne pour l'heure de silence. On commence à descendre et nous prenons route, direction les sentiers. Au bout de quelques kilomètres, nous stationnons au niveau de la Cascade du Doubs. C'est un très bel endroit avec un paysage magnifique. Après avoir pris quelques photos, nous reprenons notre route en direction du point de rendez-vous fixé avec Mark et Marie-Rose. Une fois arrivés sur le lieu de pique-nique, qui est un parc pour enfants avec de l'herbe magnifiquement tondue, qui nous permet de pique-niquer dans un cadre agréable. Nous commençons par installer ainsi que le repas pour que nous puissions nous restaurer. Après le repas, nous avons fait le temps de parole et là, la joie d'être dans un cadre agréable pour manger s'est estompé. La discussion tourne toujours sur le même sujet qui est la nourriture. Je me sens comme un lion en cage, la tension monte comme un volcan qui venait de se réveiller. Le pourquoi ? Parce que le fait d'en reparler en sachant que cela dure depuis plusieurs jours ne sert strictement à rien, car il n'y a pas d'évolution. A cause de cela, j'ai perdu ma motivation, je me demandais « Mais qu'est-ce que je fais là ? ». Après le groupe s'exprima.
Nous reprenons la route en direction du gîte. Au milieu du chemin, nous avons visité une ancienne ferme qui a 230 ans et qui sert toujours de fumoir (tuyé) et à la fabrique du pain à l'aide d'un four à bois. C'est un vieux monsieur qui nous a reçu et expliqué toute l'histoire de cette ferme. Après la visite, nous avons pris notre chemin pour nous rendre au gîte. C'est un très beau gîte avec une vue magnifique et des chambres et des douches magnifiques. Ce cadre me permet de prendre du recul et j'espère que je retrouverais cette motivation et le moral qui m'a aidé à avancer jusqu'à maintenant.
Encore une chose, malgré ces tensions, nous formons un groupe qui a le sourire, l'envie et la force d'arriver à notre objectif qui est de terminer le challenge qu'est la marche Déclic. Merci à toutes ces personnes qui nous accompagnent sur le chemin de la liberté.
Se....
Au hasard des chemins, c’est toute une ménagerie que la caravane de marcheurs croise.
Au premier plan viennent les vaches, qui tachent ou pas, assez impassibles devant les évènements qui se passent devant leurs grands yeux ouverts, nous saluant d’une bouse ou d’un claquement de queue.
Ensuite arrivent les chevaux et les ânes, jouant de leur prestance pour les uns et de leur côté « ami des enfants » pour les autres pour essayer de nous « soutirer » quelques brins d’herbe (comme certains soutirent des cigarettes à celui que l’on croise).
A l’approche des habitations, ils sont gros et puissants et nous accueillent d’un aboiement sonore quasiment à chaque fois. Tels les caméras de surveillance campagnarde, ils rappellent à celui qui veut bien l’entendre qui gère la maison ou « tient la culotte » (expression à mes yeux dépassée mais néanmoins chère à certains) : les chiens. Le meilleur ami de l’homme, cela serait peut-être à re-discuter quand il décide de nous prendre comme poteau d’aisance…
Après suivent les chats, avec plus ou moins de panache, et leur descendance, se baladant dans les prés et essayant d’esquisser les buses et autres rapaces qui pourraient bien avoir envie de tester encore une fois la loi de la jungle.
Il y a aussi ceux que l’on ne voit pas et que l’on imagine dans la forêt : sangliers, biches, chamois, bête des Vosges, du Gévaudan, dahu, monstre du Loch-Ness…
Et enfin, les deux espèces les plus étranges venant à notre rencontre dans ces coins moins marqués par l’empreinte de l’homme, j’ai nommé les cyclistes du dimanche, même en semaine, équipés pour un nouveau tour de France, pareils à des bans de sardines ou des grappes de raisin, et la jeune demoiselle du coin, prônant le retour à la vie naturelle, la fin des chaussures et les bains de bouses de vache contre les mycoses… « Pourquoi pas ? » étaient prêts à se dire certains, tu tiens tes pieds au chaud avec moi ? Quelle belle rencontre dans une journée qu’il fallait apaiser et rafraîchir.
Marie
Mercredi 1er Septembre
Quelle nuit difficile ! Le réveil était dur, je n'ai pas dormi longtemps mais heureusement que le soleil était là mais il faisait quand même froid. J'étais pressé de prendre la route pour me réchauffer. Sur le chemin, nous avons rencontré plusieurs animaux qui nous ont barré le chemin mais cela ne nous a pas empêchés de continuer notre étape. On s'est arrêté dans un pré pour manger et se reposer une petite heure. Puis nous avons repris la marche sous le soleil pour retrouver notre 21ème gîte pour y passer le reste de la journée.
J F
Quelle journée compliquée !
Tout semblait bien rodé ; malheureusement malgré la journée ensoleillée, notre sentiment était de se sentir énervés, je dirais même révoltés. Malgré cela, nous continuons notre chemin en pensant à notre destin. Ce n’est pas facile de faire des concessions et de penser à l’action qui nous ramènera à la maison ; je suis motivé, déterminé, pour y arriver. Je ne veux pas être enquiquiné sur des détails ou des préjugés. C’est sûr, pour le moment, il faut rester soudés et non rester bloqués. J’essaie d’apprendre à pardonner, à tolérer les erreurs des uns et des autres. J’espère réussir à me préserver et ne pas m’éparpiller, ce qui me semble pour moi important et déjà assez compliqué. Je ne peux pas me permettre d’échouer ; j’ai deux beaux enfants et une sacrée femme qui tient mon foyer et qui assume les responsabilités que je n’ai pas su respecter. J’ai pris un sale coup dans ma dignité, j’ai morflé, mais jamais je ne me permettrai d’abandonner les camarades de marche. Il ne faut rien lâcher et surtout s’arracher pour ne pas recommencer nos erreurs du passé.
S…m
A ma Bien-Aimée
Je me trouve sur les chemins de mes pensées, toujours aussi pressé de te retrouver, de te consoler pour les peines que tu as eues à supporter. Je t’aime, ma Bien-Aimée.
Je respire de nouveau l’air de la liberté ; tu m’as tellement manqué que j’ai du mal à réaliser . suis-je en train de rêver ? Je ne cesse de me pincer pour être sûr de rester éveillé. Garde le contact qui me ramènera à tes côtés, ma Bien-Aimée.
B….G
Du côté des accompagnateurs
Le soleil radieux (enfin de retour) nous accueille au « Barboux »
Ciel d’azur, vue sur les gorges du Doubs et la proche Suisse. Quelle merveille !
Des perspectives de liberté à gagner au bout d’un chemin tortueux qui serpentera par monts et par vaux.
L’effort sera-t-il récompensé ?
Mardi 24 Août
Coup de gueule, coup de cœur d'un accompagnateur
Vous ne pouvez pas comprendre notre vie de galère !
Combien de fois avons-nous entendu et entendrons nous encore les marcheurs évoquer leur vie de galère , leur vie des quartiers, leurs échecs, leur vie en prison. Tandis que nous, les accompagnateurs membres de DECLIC, nous ne connaîtrions que le bonheur et la vie facile et confortable des citadins des beaux quartiers.
Ils sont tombés parce que la vie a toujours été contre eux, tandis que les accompagnateurs avaient tout pour réussir. Mais pourquoi les détenus auraient-ils l'exclusivité de la vie de galère. Mais qui sont donc ces privilégiés de DECLIC que la vie a ainsi pourris et gâtés plus que les autres ?
Ils sont tous des citoyens ordinaires auxquels la vie a bien su réserver quelques surprises : veuvage, handicap d'un fils ou d'une épouse grabataire, rupture familiale, décès prématuré d'un père, chômage et précarité sociale, dépression d'un fils, et bien d'autres misères et situations personnelles qui font que l'on peut sombrer dans les fonds et les bas-fonds de la vie.
Et pourtant nous sommes là, parce que nous avons eu la chance de rebondir là où d'autres s'effondrent, parce que nous avons eu envie de croire que d'autres jours pleins de lumière peuvent aussi nous aider à sortir des sombres heures de grisaille. Nous avons eu la chance de saisir ou provoquer la rencontre de l'autre, le tout autre que soi, qui nous a fait aimer la vie telle qu'elle vient.
Bien sûr que les galères de la vie ne sont pas les mêmes et qu'elles ne sont sans doute pas plus enviables les unes que les autres. Bien sûr que certains ne font que ramer à contre-courant tandis que d'autres sont mieux équipés pour garder le cap et affronter les « hurlants » et les « rugissants ».
Mais que diable ces accompagnateurs vont-ils faire dans cette galère ? Ils vont, tout simplement à la rencontre de la vie, à la rencontre de l'humain, avec toutes ses forces, ses faiblesses, toute sa richesse et sa détresse. . . . à la découverte d'un autre monde, sur un chemin d'humanité.
Pluie du matin, n'arrête pas le pèlerin....
L'eau, élément essentiel de la vie.... Il n'est que de voir quel respect les hommes du désert lui portent pour mesurer pleinement cette évidence. Tout être humain en est composé à 80 % et son manque conduit inexorablement et rapidement à la mort.
....Et puis une journée comme celle-ci survient, une belle journée de marche qui nous fait traverser des paysages grandioses, sources d'émerveillement : prairies, forêts... autant de promesses tombées.... à l'eau.
Dès notre départ vers le Hohneck, l'apocalypse survient : rafales de vent, brouillard, averses de gouttes cinglantes sur les visages. Mais comme toujours, une touche de gaieté apparaît par le truchement d'un troupeau de chamois, surpris de rencontrer sur ce chemin désert, un autre troupeau d'êtres fantomatiques tout de noir vêtus, cheminant tête baissée que leur bosse sur le dos fait ressembler à des pénitents. Seul un pénitent d'un rouge inexpliqué apporte une touche de couleur à cette caravane.
Et c'est ainsi qu'au ...fil de l'eau, la petite troupe, prise de frénésie galopante, a poursuivi son chemin, avec des hauts et des bas ( parfois débats ) , par monts et par vaux, le Hohneck, Kastelberg, le Rainkopf, le col du Bramont, la tourbière du Pourri Faing, la chaume de Ventron, tous situés à plus de 1000 m d'altitude, pour enfin s'arrêter, après un ultime col, celui d'Oderen, dans un havre au confort douillet : la ferme de Bergenbach.
Et c'est ainsi que cette étape s'est achevée, après plus de 7 heures et demie de marche, sur des sentiers transformés en ruisseaux ou torrents, des prairies en marais, que le soleil s'est enfin montré comme pour nous narguer, mettant ainsi une pointe de couleur finale à cette journée grisâtre qui n'a pas suffi à assombrir la détermination de l'équipe.
Demain sera un autre jour....Tout recommencera demain sur ce Chemin.
Ce matin à 7h30 nous avons pris le départ pour une longue étape d'une distance d'un peu plus de 30 km. Le départ ainsi que toute l'étape s'est dérouler sous la pluie. Nous n'avons pas pu contempler le paysage car la pluie et le brouillard n'ont pas cesser d'être présent. Dès les premiers kilomètres nous avons pu apercevoir des chamois qui à ma surprise était très nombreux. Aujourd'hui le groupe a été très performant au vu du temps que nous avons mis pour effectuer l'étape du jour. Je trouve dommage que le mauvais temps nous aient gâché ce fabuleux paysage que nous n'avons pu voir. L'arrivé à notre nouveau gîte nous a fait énormément de bien. Le gîte est magnifique, il y a de très belles chambres, une ferme avec des animaux ainsi qu'une vue du paysage d'une splendeur qui pour la plupart ne connaissait pas.
S...n 24.08.2010
Nos chemins sont des rivières.
Jour 13. Mardi 24 août 2010. De la Schlucht à Bergenbach.
Nous quittons avant 8 heures un refuge proche de la Schlucht. La pluie nous attend et tout le groupe enfile des capes. Une ribambelle de fantômes glisse vers le Hohneck dans le brouillard. L'heure de silence du matin nous rend attentifs au bruit de la pluie. Poussée par le vent, elle mitraille les visages et me rappelle les coups d'aiguille d'une tempête de sable en Tunisie. Germain tend le doigt vers un chamois immobile sous l'averse. Souvenir chaud du même endroit l'an passé sous un coucher de soleil magique. Le groupe partageait une belle émotion devant des chamois qui broutaient tranquillement.
Ce matin, nous sommes quinze à braver les éléments. Le vent fouette les capes qui claquent comme des voiles. Une mer de brouillard nous enveloppe mais nous soude aussi. Christian et Xavier veillent à ce que le troupeau ne se disperse pas dans ce paysage de brumes. La pluie ne nous quitte pas mais le groupe progresse avec courage et détermination. Les heures passent, les pieds avancent et les gouttes tombent. Bernard remarque qu'il a un pied dans la baignoire. Je sens l'eau s'infiltrer dans mes chaussures. Des filets d'eau de plus en plus gros filent sur les chemins et rendent les pierres glissantes. La cape orange de Blandine colorie les sentiers qui serpentent entre les arbres dégoulinants.
Jeanine nous attend pour la pause de midi autour d'un feu mais le groupe décide de poursuivre jusqu'au gîte sans s'arrêter. Christian va vite chercher un peu de ravitaillement et distribue bananes et barres de chocolat aux marcheurs affamés. Les pieds avancent toujours et les heures aussi. Plus de six heures qu'on piétine dans la boue, qu'on glisse sur les rochers. Plus de six heures que le groupe avale les kilomètres. Je suis étonné de cette forte énergie qui nous pousse en avant. Tout le monde veut arriver et se bat contre la pluie et les chemins qui n'en finissent pas. Je m'inquiète pour mon appareil photo qui risque de prendre l'eau mais Céline me rassure et me tend la gourde (personne ne quitte son sac à dos et chacun demande à une main secourable de soulever la cape et de sortir du sac ce qu'il désire).
Ce soir, nous mettons les pieds sous la table ce qui tombe bien vu la fatigue qui monte. Avec Chérif, on discute du menu de demain soir que l'équipe des Rouges (la meilleure) va préparer. Plus de sept heures que nos pieds nous portent, presque sans pause. C'est la plus longue étape de la marche.
Alors que le but est proche, le soleil se montre enfin. La ferme du Bergenbach est là, toute proche ; la montagne est belle sous le ciel bleu. Titubants de fatigue mais heureux de l'effort accompli, le dernier petit groupe, Bernard, Blandine, Ahmed et moi arrivons devant la ferme.
Quel plaisir de retirer les chaussures lourdes d'eau et les chaussettes pleines d'odeurs. Quel plaisir de goûter le jet chaud de la douche. Quel plaisir de boire un verre sur la terrasse ensoleillée ouverte sur le magnifique panorama de la vallée de Thann. Mike grave sur son bâton le nom des étapes et Ahmed déguste un café en s'imaginant dans « Amour, gloire et beauté ».
Je suis sur le point de m'allonger sur le lit pour une sieste bien méritée quand Xavier nous oblige à rédiger quelques phrases sur cette belle journée. Je m'exécute en gardant mes réflexions pour moi.
Henri.
Col de la Schlucht - Bergenbach
Hier le départ n'est donné qu'à 9h en raison des conditions météo. On part sous une petite pluie, un crachin. Mais moins d'une heure après, cela se gâte : un vent violent et presque en permanence de face, accompagné d'une pluie verglaçante. Cela se calme un peu avant midi. On ne fait pas de pause à midi, l'étape est courte, on en a pour deux heures environ jusqu'au terminus.
Des journalistes de Vosges Télévision nous accompagnent jusqu'à l'arrivée et déjeunent avec nous. La fatigue me presse et j'entame une bonne sieste après le repas. La soirée se passe tranquille. On rencontre d'autres marcheurs qui dorment dans le même gîte que nous.
Aujourd'hui départ à 7h30, l'étape sera longue, une trentaine de km environ. Mais la météo est pire que la journée précédente. On démarre sous un crachin et dans les brumes et cela se dégrade en cours de route. Toute la journée sous une pluie battante et un vent violent, cela ne se calme qu'à quelques heures de l'arrivé. Suite aux conditions météo dantesque, Xavier décide de zapper la pause du midi. Tout le monde est d'accord et on marche à un train d'enfer. On arrive au gîte d'étape à partir de 15h pour les premiers et 16h pour les derniers.
Tout le monde est épuisé !
Ad... – 24/08/2010
Contre vents et marées
Quelle journée, on a vraiment pris une sale tannée, la pluie, le vent et le brouillard se sont mis à nous accompagner comme s'ils ne voulaient plus nous lâcher. Comme à notre habitude on s'est accroché pour continuer sur le chemin qui nous mènera à notre gîte.
Pour le moment, on vit jour après jour. Demain on attaque notre 14ème journée, c'est fou comme cela passe vite, pourtant sur notre chemin se dressent des difficultés qu'il faut enchaîner sans râler. Je ne pensais qu'à une chose : rentrer et vite me coucher, je n'en pouvais plus, j'étais claqué, mes pieds noyés, mon corps tremblait, frissonnait. Une fois arrivé je me suis douché, ensuite je vous laisse deviner à quel point mon oreiller m'avait manqué.
Çà c'est juste pour une journée, je ne vous dis pas comment on attend les bons moments mais pour l'instant il faut rester constant et endurant.
Encore long est notre chemin qui nous amènera jusqu'aux nôtres, bientôt, Inch'Allah
S...m – 24/08/10
Nature et Rébellion
Café avalé, sac rangé et gîte nettoyé entre 6h et 7h30, la journée commence à 7h45.
Poncho sur le dos, gourdes remplies et lacets bien attachés, au programme crêtes et cols sur plus de 30 km. Vue sur les crêtes bouchées par les nuages et la brume, ce qui n'empêche pas d'entr'apercevoir un troupeau de chamois. La pluie cingle les visages, le vent nous pousse, nous déporte, nous emporte un peu plus loin.
Ces pluies sont pour moi un spectacle somptueux et gratuit au cours duquel la nature fait un étalage de sa force et de sa poésie en réveillant les parfums, en inventant dans nos oreilles des rythmes sur le sol, des mélodies dans l'air, des soupirs dans les feuillages. Chaque bourrasque est comme une nouvelle partition improvisée, le public est peu nombreux : il faut le mériter. Par moment la nature se calme, comme un artiste prendrait du recul sur son œuvre. Elle nous laisse reprendre notre souffle, une entracte dans ce concert aérien et terrestre.
Gorgée d'eau, le paysage souffle une haleine tiède qui monte de la terre et des feuillages.
Chacun marche suivant tantôt les pieds de son camarade de devant, tantôt les chemin se dessinant entre les rochers. Les heures passent, les litres coulent, la plante des pieds et la peau des mains tendent à ressembler à un abricot séché.
Pas le temps de s'arrêter déjeuner, nous sommes pressé et la nature n'attend pas les retardataires, le doux foyer du « Home sweet cabane en bois » attendra.
Un final en apothéose causera malheureusement rage de dents et éclats de voix. Les éclaboussures ne réussiront pas à calmer ces ardeurs, seul l'arrivée à la ferme du Bergenbach presque couplée avec celle du soleil permettra de re-poser nos corps meurtris.
Germain
Après une marche très difficile avec beaucoup de vent et une pluie violente sans belle vue nous sommes arrivés à Bergenbach.
Maintenant nous sommes récompensés avec une très belle vue dans la vallée et sur le grand Ballon qui est exactement en face notre gîte.
Merci mon Dieu.
Mk
Sabotage !
Massage facial, bain de boue, bain de pied, sauna...
Il y en a qui paierait pour de tels soins !
En plus, en musique du fond une douce mélodie du vent caresse nos visages. Une vrai thalasso !
Bon d'accord, on marche la tête baissée, le dos voûté, enveloppés dans nos capes de pluie en se prenant des rafales de vent et de pluie sur les crêtes.
Seule notre imagination (ou souvenir pour certains) nous permet de deviner un superbe paysage.
En même temps c'est pas vraiment le moment d'imaginer : on trace !
Aucune envie de s'arrêter, la perspective d'une douche chaude et d'un bon café ou thé nous fait nous hâter durant les trente kilomètres à parcourir.
Inutile d'essayer de passer entre les gouttes, elles ne cesseront de nous courser que 5 minutes avant l'arrivée au gîte.
Nos chaussures sont transformées pour l'occasion en baignoires ou bidet et ne sécheront que devant le poêle... comme nous !
N'empêche que la journée fut bonne !
Céline
Dimanche 22 août
Matin léger, ensoleillé, comme par magie tout devient souriant et positif. Les connections entre nous multiples et rigolotes donnent le ton de cette journée dominicale : soulagement et épanouissement.
Lacs, escalade, scouts, chaleur, rugby, barbecue, rires et applaudissements au sommet du lac Noir
La pluie du matin
Emmène les écrivains
Chemin de pensée
21 août 2010 - Rencontre avec M. Youb Lalleg à la nécropole de Sigolsheim
J’ai pris un sacré coup dans ma fierté, mon orgueil aussi, je me suis senti tout petit. J’ai rencontré un tirailleur algérien, âgé de 91 ans, sa mémoire est intacte et ses souvenirs ainsi que les mauvais ont rejailli dans son esprit. Respect, même la chair de poule m’a parcouru tout le long de ma chair, tout petit je me suis senti.
J’ai fait une prière pour tous nos frères morts dans des circonstances tragiques. Lui même a failli rejoindre notre créateur, un obus l’a touché ainsi qu’une mine. Je l’ai trouvé tellement saint et cultivé, une prestance de grande classe, Dieu est dans son cœur, je lui souhaite le paradis. La paix se lit sur son visage malgré son âge, il restait rayonnant content de pouvoir partager toute cette expérience.
J’ai vraiment apprécié, en repartant nous nous sommes arrêtés et il s’est mis à prier pour nous souhaiter de retrouver le fil de la liberté.
S.
Merci à Gilbert (quad)
Après une journée de marche très éprouvante, j'ai eu très mal au genou droit à 2 kms de la fin de l'étape. Je ne pouvais plus marcher. En accord avec les marcheurs et les accompagnateurs, Gilbert le quadeur qui passait par là propose de me déposer à la fin de l'étape. J'ai apprécié la balade avec une personne très amicale. Il avait peur de croiser les gendarmes parce qu'il n'avait pas de casque pour moi. Merci Gilbert pour ce geste de solidarité.
C . . .
18 Août 2010
Le Struthof
Ce matin était dur, la pluie, la fatigue de la veille, mais nous nous sommes laissés guider vers le Struthof. Le chemin était épuisant mais l'émotion de l'endroit nous a fait oublier la fatigue.
J'ai ressenti un peu l'humiliation qu'avaient subie les victimes tout en les honorant en même temps. J'étais choqué de la manière dont on a traité des gens innocents mais coupables seulement d'être de races différentes.
J'étais accroché par les commentaires et par les interpellations du guide. On s'y croyait.
Nous avons emprunté le même chemin que les déportés mais nous, à la différence d'eux, on a connu le retour.
J F
Salutation
Tolérance
Respect
Union
Terreur
Humanité
Obscénité
Finalité
J'aimerais insister sur une idée importante : les personnes qui ont été enfermées et qui sont mortes dans ce camp étaient des résistants. Ils résistaient au fascisme, au racisme et à la volonté de domination des Nazis. Cette résistance leur a coûté très cher, ils ont mis leur vie en jeu pour défendre leurs convictions.
Il ne faut pas oublier leur courage et leur sacrifice. Surtout, il ne faut pas oublier les valeurs pour lesquelles ils se sont battus : la tolérance, le respect des différences, le refus de l'oppression.
Je sais que vous êtes engagés dans une marche et je vous souhaite bonne chance. Dans votre vie et chacun à votre façon, continuez à résister à l'exemple des détenus de ce camp. A toutes les époques, il faut se battre pour défendre ses convictions.
Synthèse du message final de M. Chevrolet, notre guide lors de la visite du camp.
Les accompagnateurs vus par les marcheurs
Battant
Endurant
Retrouvé
Nostalgique
Amical
Réservé
Dynamique
Battante
Libérée
Attentive
Naïve
Déterminée
Instruite
Naturelle
Emerveillée
Coquette
Enthousiaste
Libérée
Imaginative
Naturelle
Energique
Chaleureux
Honnête
Réservé
Instruit
Sérieux
Tenace
Intelligent
Amusant
Naturel
Courageuse
Organisée
Logique
Eternelle
Tonique
Tenace
Energique
Généreux
Endurant
Romantique
Matinal
Amoureux
Intrépide
Nostalgique
Honorable
Endurant
Naturel
Rigoureux
Instruit
Juste
Ensoleillée
Amicale
Naturelle
Investie
Naïve
Enthousiaste
X-traordinaire
Autoritaire
Véritable petit bonhomme
Imaginatif
Engagé
Respectueux
15 Août 2010. Etape Thal – Marmoutier / Hommert.
Ce matin, j’aurais bien voulu dormir beaucoup plus car je n’ai pas pu rattraper la fatigue d’hier. C’était trop dur et à midi, je me suis fait un sandwich au thon à la catalane. Après l’avoir mangé, je me suis fait mal aux dents et ça a duré jusqu’à 19 heures. J’ai souffert en silence tout l’après-midi et à l’arrivée, j’ai pris trois Paracétamol. Maintenant, ça va beaucoup mieux. Là, tout de suite, on va manger car on a préparé un festin de pacha, bien, sur ce , je vous laisse, à demain ..
O.
Dans le dur.
On s’est vu trop beau, trop fort. On a eu tort. On a voulu rentrer à fond dedans. Je vous dit pas comme on a serré les dents. La tête dans le guidon, on a voulu foncer. Finalement, le moteur a serré, heureusement il nous a pas lâché. Lui aussi voulait continuer pour pouvoir être à nos côtés. Là, on est arrivé dans la dernière ligne droite. On a tous foncé pour pouvoir faire respirer nos pauvres pieds tout éclatés et prendre le temps de décompresser. On est trop content d’être arrivé en cette fin de journée. Que Dieu soit loué.
Sa.
Bilan de ma journée.
Nuit au couvent. Lever dans un endroit serein et calme avec des sœurs au cœur apaisant, ayant le sens de l’hospitalité.
Journée tranquille, étape normale. L’atmosphère dans le groupe s’améliore. Les « boudeurs » habituels râlent moins et commencent à accepter leur « dure » réalité. Repos et soirée simple et agréable. Les accompagnateurs terminent leur travail. Ambiance bon enfant.
A. B.
Mister DECLIC,
Suis heureux d’être au sein du groupe de marche...pourquoi ? Être loin de l’enfermement.
Marcher tout au long d’une journée m’apporte une espèce d’évasion cérébrale ; bien sûr !!!
Partager la marche avec plusieurs bénévoles me rend bien en sachant qu’il y a des personnes aussi gentilles.
Matin du 4ième jour, retour sur la journée d’hier
Au matin, il a d’abord fallu attendre l’ouverture de la réception pour prendre le petit déjeuner ainsi nous ne sommes partis qu’à 9 h en direction de Thal-Marmoutier.
Cette journée fut remplie d’émotions et nous avons vu de magnifiques forêts de sapins et de chênes. Cette étape a été longue ; au total, nous avons marché une bonne trentaine de kilomètres, mais une fois arrivés à destination (à 18 h 45), quel soulagement ! on a été accueillis très chaleureusement par les sœurs franciscaines qui nous ont préparé un bon repas fait de produits du terroir.
Dans la soirée, nous avons reçu une surprise de la part de Xavier : il nous a fait rencontrer un organiste à la chapelle de la Communauté, qui nous a expliqué en détail le fonctionnement d’un orgue et nous a permis de voir l’intérieur de l’orgue, la soufflerie, les tuyaux, tout le ventre de l’orgue. Et bien sûr, il nous a joué quelques extraits de la toccata en ré mineur et « Que ma joie demeure », de Bach, la Marseillaise, Jeux interdits pour finir par le « Prélude de Michel Corrette ».
A écouter :
Deuxième matin
Naissance des premières ampoules, fatigue que l’on ne connaissait pas.
Avant, j’étais fatigué d’attendre à ne rien faire, car les activités sont souvent très limitées en détention. Là c’est une fatigue physique bien différente et que j’arrive même à trouver agréable.
Hier soir, j’ai redécouvert le plaisir de manger en communauté, un repas que je n’avais pas goûté depuis quelques années, le baeckaoffa.
Et vive l’eau.
C. . . .
Interview :
Ce matin, c’est une belle journée qui commence ; la nuit a été bonne et le soleil est au rendez-vous. Hier, la journée a été épuisante car c’est la première fois que je marchais aussi longtemps (24 km).
J. . . .
Interview :
Partir ensemble pour un long chemin
Accompagnés dans les bons et mauvais moments
Renouveau, de l’enfer au paradis
Temps (temps passé ensemble) trente quatre jours, 24h sur 24
Investir, tous s’investissent pour le bon déroulement de la marche DECLIC
Retour au cocon, pour le bonheur de tous
Début d’une grande aventure humaine
Eternel
Challenge
Liberté finale
Impossible n’est pas français
Communauté d’origines diverses
Premières impressions de Marie, nouvelle accompagnatrice
Week-end de lancement des 19 et 20 juin 2010 pour la marche au long cours.
Après 10 jours de formation en équipe et d'échanges entre accompagnateurs, à ce projet manquaient toujours, à mes yeux, les protagonistes, ceux pour et avec qui le projet existe : les marcheurs.
Après toute cette préparation, arrive ce samedi, pas plus différent qu'un autre, où nous nous trouvons face à face, avec pour nous séparer la route devant le centre de détention d'Oermingen, les marcheurs d'un côté et les accompagnateurs de l'autre. On se regarde, on se sourit, on se fait des signes puis on se traverse... On se lance quoi !
Traverser cette route, c'était comme commencer l'aventure, débuter le défi du marcher ensemble, vivre ensemble. Il y avait quelque chose de symbolique à ce moment.
Rapidement, les premiers échanges ont eu lieu, les langues se sont déliées. Ce week-end a été marqué par la rencontre, la découverte de l'autre et... la marche bien sûr.
Entre temps informels, marche, découverte des simples (plantes médicinales) lors d'une balade, partie de foot, pétanque, partage des repas, et moments plus formalisés, présentation en détail du projet, du règlement, de la vie collective, nous avons pris ce temps essentiel, le temps de la rencontre.
Et le dimanche soir, c'est avec l'envie commune de relever le défi que nous nous sommes dits "A bientôt"... Vivement la suite !